L’acheteur Américain

Tous les entrepreneurs qui s’informent sur le marché des transactions d’entreprises ont entendu parler d’une compagnie ou d’une autre qui s’est vue offrir une somme considérable par un acquéreur étranger, souvent américain.

Rêvez-vous du jour où un acheteur américain viendra vous faire une offre d’achat alléchante? 

Loin de moi l’idée de vouloir briser vos rêves, mais il est quand même important de rester réaliste. Voici quelques éléments à considérer afin de mesurer l’écart entre le rêve et la réalité. Pourriez-vous être une cible potentielle? Sinon, comment le devenir?

À toutes les fois où je pense aux acquéreurs américains, je ne peux m’empêcher d’entendre Elvis Gratton : « … les AMARICAINS, ils l’ont-tu l’affaire les AMARICAINS. »

On le sait, les acheteurs provenant du Sud de la frontière viennent faire des acquisitions avec des évaluations qui dépassent ce que nous sommes habitués de voir ici. Implantés dans un marché dix fois plus gros que le Canada, leurs évaluations reflètent le potentiel énorme auxquels ils ont accès.

Avant de sauter sur le téléphone pour me donner le mandat de trouver le richissime acheteur de vos rêves, il y a des éléments dont vous devez tenir compte.
 

UN PROCESSSUS DISPENDIEUX POUR L'ACHETEUR

Le processus est dispendieux pour une entreprise américaine qui veut venir s’établir au Canada. Au delà des questions usuelles d'incorporation et de documentations requises pour toute entreprise étrangère, l'entreprise américaine aura aussi à faire face au barrage de questions des autorités fiscales américaines. Elle doit les rassurer sur le fait qu’elle ne tente pas de faire de l’évitement fiscal. Le taux d’impôt des entreprises canadiennes est plus bas que celui des États-Unis. Les coûts légaux pour une nouvelle venue sur le marché canadien sont au minimum de 50 000$. Les conseillers fiscaux et légaux qui produisent des transactions à l’international sont très dispendieux.

Ensuite, si la Corporation désire faire une acquisition, elle devra débourser des montants additionnels en frais d’avocats et de comptables. On parle facilement pour un acheteur d’une facture qui débute à 100 000$ et qui peut monter très rapidement.  Ce montant sera amorti sur les bénéfices de la transaction.

Pour réaliser un rendement sur ce type d’investissements, on voit tout de suite que la cible doit avoir des qualités bien spéciales.
 

QUELQUES QUALITÉS RECHERCHÉES PAR UN INVESTISSEUR ÉTRANGER

  • La taille : À moins d’avoir une technologie, un produit unique ou un avantage concurrentiel important, la petite entreprise retiendra peu l'attention d'un acheteur étranger. En bas de 10 millions $ de chiffre d’affaires, les acquéreurs étrangers auront de la difficulté à rentabiliser l’investissement.

  • L’équipe : Pour un acheteur, il y a un risque à voir un propriétaire unique rester dans son entreprise. Si vous avez des associés, déjà vous démontrez la capacité de laisser des gens de valeur prendre part à votre succès. Si vous avez su vous entourer de gestionnaires compétents, vous créez de la valeur additionnelle pour un acquéreur qui aura probablement l’intention de gérer à distance.

  • Le marché : Occupez-vous une place importante dans votre marché? Pensons à RONA, qui est un joueur dominant au Québec. Probablement que votre entreprise n’évolue pas dans un marché de la taille de celui de la construction/rénovation, mais tout de même, êtes-vous dominant sur votre marché?

  • La taille des concurrents : Si votre marché est dominé par quelques gros joueurs et que vous n’avez pas d’avantages autres que votre proximité à offrir, il est peu probable que vous receviez une offre d’achat. Wal-Mart en est un bon exemple. Ils se sont implantés au Canada en achetant la chaîne Woolworth’s alors en redressement. Une fois implantés dans le marché canadien, ils ont eu peu d’appétit pour les acquisitions, laissant Zeller’s et autres s’éteindre tranquillement.

  • Sollicitation : Une bonne mesure pour savoir si votre entreprise est une bonne cible pour des acquéreurs potentiels est de vérifier à quel point vous suscitez de l'intérêt chez vos concurrents, des partenaires ou les fonds de capitaux de risque québécois. Êtes-vous sollicités? Invités dans les événements? Si oui, alors il est possible que représentiez un potentiel.

CONCLUSION

Si, à la lumière des cinq items qui précèdent, vous pensez toujours être dans la course, je vous invite à continuer la réflexion avec vos professionnels. Par contre, il est important de rester réaliste et surtout de ne pas croire le premier venu qui dira pouvoir vendre votre entreprise à  « un de ces acheteurs amaricains ». 

Peut-être constatez-vous qu’il vous reste du travail à faire pour créer un intérêt véritable chez les acquéreurs étrangers. Si c’est le cas, sachez que les conditions actuelles du marché vous favorisent. Les plans de croissance par acquisition ont la cote, et les taux d'intérêts ont rarement été aussi attrayants. L’argent est disponible. Il n’y a rien de mieux qu’une acquisition bien intégrée pour attirer l’attention du marché.

Si vous pensez vendre votre entreprise, faire une acquisition ou chercher du financement, laissez GALION FINANCE vous aider. C’est payant.  Si vous avez des questions ou commentaires, n'hésitez pas à téléphoner à Patrick Déry (514) 660-8426.