Pourquoi les entrepreneurs hésitent à vendre leur entreprise ?

Le manque d’incitatif financier pourrait expliquer la nette disproportion entre les nombreux acquéreurs d’entreprises et les trop rares vendeurs. Bien qu’on nous annonce depuis des années un nombre record d’entreprises disponibles, le phénomène n’est pas encore constaté sur le marché. En excluant les entreprises sans rentabilité ou évoluant dans des marchés où il y a trop de concurrents, aujourd’hui encore, il y a beaucoup plus d’acheteurs que de vendeurs.

On a tenté d’expliquer les délais de mise en vente des entreprises privées par toutes sortes de raisons. À mon avis, c’est qu’il y a bien peu d’incitatif financier pour motiver les vendeurs. Le marché (évaluateurs, banques, investisseurs, acheteurs, conseillers, courtiers et comptables) demande un rendement moyen de 20% par année lors de l’évaluation d’une entreprise privée. Une fois la vente encaissée, l’ancien propriétaire obtiendra des rendements d’environ 8% par année (rendement historique des placements boursiers en Amérique du Nord). Une fois l’impôt payé, cela laisse une maigre consolation à celui qui s’était habitué à un certain niveau de vie.

Une compagnie vendue 5 000 000$ à cinq fois les bénéfices générait 1 000 000$ de bénéfices. Le rendement espéré du placement, une fois les montants perçus et en admettant que l’ensemble du montant a pu être mis à l’abri de l’impôt, est de 400 000$.

Pour beaucoup d’entrepreneurs, un placement dans les fonds boursiers est souvent un pari plus risqué que le placement dans sa propre PME. Il connaît mieux les rouages de son entreprise et en comprend mieux les risques. Selon la théorie financière voulant que le rendement d’un placement doive refléter le risque de ce dernier, l’entrepreneur qui perçoit un risque plus élevé dans ses placements boursiers, est justifié de demander un rendement plus élevé que le rendement de sa propre entreprise. C’est exactement ce qu’il fait en ne la vendant pas.

LES PERSPECTIVES

Le marché ne risque pas de s’améliorer de sitôt pour les acheteurs. Les grandes entreprises américaines possèdent des encaisses record. Avides de rendement, les investisseurs mettront la pression pour que ces encaisses soient mises à profit. Ceci annonce une saison de chasse intensive aux fusions-acquisitions. 

L’année 2014 a été une excellente année pour les activités de fusions-acquisitions selon CNBC. Par le principe des vases communicants, une augmentation des acquéreurs dans le segment des entreprises de plus petites tailles est à prévoir. Au cours d’un sondage maison mené auprès de décideurs de 122 PME de la région de Montréal, nous avons appris que près de la moitié des personnes interrogées affirmaient ne pas utiliser de dette dans leur entreprise. Il y a de l’argent disponible. L’examen des ratios d’endettements compilés par Statistique Canada confirme les disponibilités d’encaisse dans les secteurs industriels porteurs.

À FAIRE

Pour ceux qui cherchent la croissance par acquisition, voici quelques pistes que j'explore avec mes clients:

  • Être proactif, vos compétiteurs cherchent la même cible que vous;
  • Être créatif, autant dans la négociation que dans l’exécution;
  • Chercher les partenariats plutôt que les acquisitions à 100%;
  • Être à l’écoute du vendeur, comprendre ses préoccupations plutôt que ses conditions.
     

POURQUOI ?

À cause des disponibilités d’encaisse, j’estime que la valeur des bonnes entreprises est appelée à augmenter au cours des prochaines années. L’acquisition d’entreprise privée est à mon avis, surtout aux valeurs actuelles, le meilleur placement tout marché confondu pour ceux qui savent gérer une intégration.

Besoin d’aide pour des questions de finance corporative, n’hésitez pas à communiquer avec Patrick Déry CPA CMA